Une pièce sur le Kosovo ?

Arc-en-noir est une narration. Une pièce sur les ambivalences de la maternité : la difficulté de donner vie et le désir de se libérer.

« Une jeune femme enceinte, mais son ventre ne grossit pas. Un monstre à l’intérieur tue ce qu’elle aime. Temps de s’y confronter. »

C’est l’histoire de Crvena, une jeune femme d’origine serbe qui fuit le Kosovo au lendemain de la guerre. La pièce commence en France, se poursuit au Kosovo, en zone serbe et albanaise, et s’achève en France. La thématique de la maternité et de la naissance est un moyen de rendre compte par le sensible de recherches anthropologiques effectuées au Kosovo.

Le Kosovo parce que depuis la guerre et son évènement médiatique on n’en parle plus.

Nous nous intéressons à l’après-guerre et à l’histoire de ce pays. A la guerre qui marque les esprits, et perdure, de manière plus ou moins latente. Aux personnes qui ont été placées d’un côté du conflit, et où elles en sont aujourd’hui.

A travers le contexte du Kosovo, Arc-en-noir pose la question de la liberté, au niveau politique et individuel : la liberté de s’affranchir de la souffrance et du passé pour devenir maître de soi, et donner vie (à un enfant ou un pays).

Arc-en-Noir c’est aussi ? C’est le choix de parler du Kosovo dans son rapport avec la France.

France-Kosovo

De même que la pièce se déroule entre la France et Kosovo, notre projet se destine à évoluer entre ces deux pays.

En France, nous voulons partager une expérience du Kosovo et interroger la manière de la représenter.

Nous avons le souci de parler du Kosovo à un public français qui n’a aucune connaissance préalable du sujet, être au plus juste de ce que nous transmettons, et assumer la portée de nos propos devant les communautés concernées.

Au cours de notre recherche, nous rencontrons des Serbes, Albanais et Kosovars.

Ces échanges ancrent notre travail dans la réalité dont nous traitons, et ravivent l’enjeu politique de notre création. Le Kosovo reste un sujet très sensible. La pièce Arc-en-Noir veut rendre compte du point de vue des Serbes et des Albanais, sans prendre parti pour un camp contre l’autre, et sans pour autant faire dans le politiquement correct.

Nos objectifs 

Un des objectifs de notre projet est de nous rendre au Kosovo, présenter notre travail sur le terrain, et entrer en dialogue avec les habitants locaux.

Cela se fera en plusieurs temps :

D’abord, présenter notre travail au cours du festival Skena Up Festival, Théâtre National, Pristina, décembre 2012. C’est l’occasion d’entrer en dialogue avec un public occidentalisé, en majorité albanophone, et pour la plupart des artistes de la Compagnie Engag’Art, de découvrir le Kosovo et mesurer la portée de notre projet. La pièce se produira en français surtitré.

Ensuite, au cours de l’année 2013, organiser une tournée au Kosovo, à travers villes et villages, zones serbes et albanaises, dans des salles ou hors les murs. Cette tournée sera préparée en amont, au cours d’une résidence avec des artistes locaux serbes et albanais. Ce sera l’occasion de prendre directement en compte la réalité du Kosovo dans notre processus de création. Nous chercherons une forme nouvelle pour intégrer les comédiens locaux à notre équipe française et de permettre la création d’un langage artistique commun. C’est aussi un moyen pratique pour se produire en une langue qui parle au public : nous jouerons en serbe et en albanais, tout en conservant des passages en français.

Cette équipe multiculturelle construite, notre spectacle se produira sur une scène française et internationale, dans des théâtres et hors les murs, à partir de 2013-2014.