Arc-en-noir dans le parc de Belleville

Première représentation publique : spectacle déambulatoire dans le parc de Belleville, Paris 20ème, 22, 23, 24 Juin 2012, entrée libre

L’équipe Arc-en-noir dans le parc de Belleville

Avec Aude Le Pape, Nicolas GasparNoémie Sanson/ Musiciens Fanis Karoussos, Marcel KorenhofIvan Zec/ Chorégraphie Stojan Vucinic et Yun Seon Hong/ Costumes Lucile Charvet/ Graphisme Frédérique Stietel/ Communication Kassia AleksicClaire Hadadj, Laurent Hentz, Laure Samuel/ Logistique Cécile Bourgade, Zoé Charret, David Garcia, Mélisande Genat, Reine-Marie MelvinLaure Samuel/ Photographie (non exclusive) Philippe Moreau/ Image Bertrand Lasseguette/ Son Jérôme Petit/ sous la direction de Kassia Aleksic

Intention de mise en scène 

Arc-en-Noir est une pièce qui parle de la vie après la guerre et malgré son traumatisme. C’est la volonté de transmettre la force avec laquelle les habitants du Kosovo se sont appropriés leurs souffrances, qu’elles soient ou non dépassées. Partager un état d’esprit que l’on trouve dans la région, où la joie est proche de la mélancolie, où l’on parle de ce qui fait mal sans pudeur pour ensuite trinquer à la vie, où l’on passe du rire aux larmes dans un contexte où le politique est toujours à vif.

Le choix du parc de Belleville, situé dans un quartier populaire du nord-est de Paris, dénote de la volonté de parler du Kosovo avant tout comme d’un lieu de vie. L’environnement extérieur rappelle que nous nous ancrons dans une réalité qui influe et dépasse ce qui se joue sur scène. Et lorsque les mots se saturent, que le face à face devient impossible, que le passé bloque le présent, la vie continue à grouiller tout autour.

Tout comme la pièce évolue avec le travail de l’équipe; la scénographie se crée en fonction de l’espace que nous transformons; et le spectacle, dans le rapport avec le public qui se tisse au niveau du sensible et de la raison.

Arc-en-Noir est un voyage, à la lisière du réel et de l’imaginaire, entre la France et le Kosovo, et au Kosovo, entre une enclave serbe et Pristina, la capitale de la République du Kosova, déclarée indépendante en 2008.

La première mise en scène se fait sous forme d’un parcours déambulatoire, dans le Parc de Belleville en Juin 2012.

 L’intime en espace public, Noémie Sanson, comédienne

Jouer Arc-en-noir dans le Parc de Belleville et de surcroît en mode déambulatoire nous oblige à penser, voire repenser, l’intime dans l’espace public. L’intime : le désir, le profondément ancré à l’intérieur, les blessures, ce qui touche et qui peut toucher l’Autre…. Comment jouer l’intime dans un lieu comme celui-ci ? Un lieu où l’on vient en famille se détendre, où l’on a l’habitude de faire ses promenades, son sport en communauté… Un lieu où l’enfant, le passant, non prévenus peuvent assister à l’une des scènes par hasard ? Dans cet univers atypique, la seule convention théâtrale, celle du quatrième mur où ce qui se passe d’un côté est Théâtre et de l’autre Réalité, n’est pas suffisante. C’est à la fois l’espace et la relation au public, qui est à revoir, et d’abord à comprendre.

C’est ce que j’aime dans le jeu en espace public, rien n’est acquis, mais l’imagination peut beaucoup. La transposition artistique, dont on nous parle inlassablement à l’Ecole Lecoq est ici plus que nécessaire et ouvre davantage les portes de l’imaginaire. Portes qui sont pour moi la voie d’un théâtre populaire, d’un théâtre qui va vers l’Autre, quel que soit le sujet.

Un spectacle déambulatoire dans le parc de Belleville

Rendez-vous au 45 rue des Couronnes, Passage Julien Lacroix, Paris 20ème, les 22, 23 et 24 Juin 2012. Le parcours se fait en quatre étapes, entre la France et le Kosovo :1) France; 2) Kosovo enclave serbe; 3) Kosova, Pristina; 4) retour en France. Le public se deplace entre chaque partie: c’est aussi le moment d’en apprendre plus.

Textes distribués, et lus par le public: 
« Arrivée au Kosovo par la Serbie » Crvena arrive au Kosovo en passant par la Serbie. Il n’y a pas de contrôle douanier à la frontière, puisque la Serbie ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo, déclarée le 17 février 2008 par la majorité de la population, albanophone. La question de l’indépendance pose aujourd’hui encore problème. Le Kosovo n’est reconnu ni par l’ONU (ce qui nécessiterait la reconnaissance de la majorité des États membres de l’ONU), ni par l’Union européenne en raison de l’opposition de plusieurs de ses membres. L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie reconnaissent l’indépendance du nouvel état. La population du Kosovo se répartit entre des zones où l’on parle serbe et des zones où l’on parle albanais. On y vit dans deux systèmes parallèles. La reconstruction du pays se fait depuis la guerre sous tutelle internationale : l’ONU d’abord, l’Union Européenne aujourd’hui avec la mission état de droit (EULEX).
Gracanica : enclave serbe Les Serbes et Rroms du Kosovo vivent aujourd’hui repliés sur eux-mêmes dans des enclaves. Ils ne côtoient pas, ou très peu, les Albanais. Nombre d’entre eux ont été victimes de violences depuis la fin de la guerre de 1999, qui a donné lieu à des actes de représailles envers la communauté serbe, laquelle s’était trouvée mêlée à la politique de Slobodan Milosevic. Ces Serbes considèrent aujourd’hui avoir tout perdu. Mais le Kosovo reste pour eux le berceau de leur civilisation et notamment de leur église, l’église autocéphale serbe. Se trouve par exemple à Gracanica, enclave serbe au sud de Pristina, l’un de leurs plus beaux monastères, dûment gardé, comme tous les autres monastères, par les forces de l’OTAN. Les Serbes estiment aussi avoir été trahis par la France, avec laquelle ils entretenaient historiquement une relation privilégiée depuis au moins la Première Guerre mondiale. Ils se plaignent aussi d’être constamment regardés comme des criminels de guerre, ce qui ferait d’eux des «victimes coupables ».

Pristina : capitale de la République du Kosova Pristina est une ville occidentalisée, culturelle et dynamique. Près de 80% de la population a moins de trente ans. Les terrasses de cafés sont bondées. La monnaie courante est l’euro, et la plupart des personnes y parlent l’anglais, contrairement au reste du pays. C’est aussi le siège des organisations internationales. Les Albanais ont d’abord accueilli ces dernières avec soulagement : elles mettaient fin à la politique ultra-répressive de Milosevic, et à ce qu’ils considèrent comme la colonisation serbe. Néanmoins, cette présence est de plus en plus critiquée. Elle maintiendrait le pays dans un état de dépendance économique et politique : la plupart des jeunes veulent quitter le pays, ne trouvant pas de travail, tandis que les « internationaux » continuent d’y affluer.

Départ du Kosovo Si l’on arrive au Kosovo en passant par la Serbie, comme le fait Crvena, on peut ensuite circuler librement dans la région, sans entrave.En revanche, si l’on pénètre le Kosovo par la Macédoine ou l’Albanie, le tampon « République du Kosovo» appliqué à l’entrée dans le passeport empêche de repartir par la Serbie. Ne reconnaissant pas l’indépendance du pays, la Serbie tient ce tampon pour illégal, et interdit toute entrée sur le territoire serbe. 

Remerciements:

Antoine du parc de Belleville, Arben Bajraktaraj, Arfedite Ibrahimaj, Fatime Neziroski pour l’accent et les codes culturels albanais, Nikola pour le remplacement au tapan, Novak Bilic pour ses conseils, Dragan de l’agence de voyage à Simplon, Bosko Bojovic, Zoé Charret pour l’idée dans le parc, Basile Ferriot (Direction des Espaces Verts, Mairie de Paris), Sophie Millot (Mairie du 20ème), Dominique Dolmieu et Antony Smal (Maison d’Europe et d’Orient), Florent Bony (Kalima Productions), Le Petit Navire Restaurant Belleville, Association Albania, Association A Mots Découverts, Association Archipelia, Lucien Alfonso, Orgest Azizaj, Guillaume Clayssen, Michèle Chamiot-Prieur, Colline Henry, Jean-Arnault Dérens, Eloïse Djoehana et son mari, Daniel Garcia, David Garcia, Mélisande Genat, Rémi Fox, Hossein du Lieu-Dit, Malo Girod de l’Ain, Lola Isidro, Lutfi Jakfar, Reine-Marie Melvin, Odile Perrot, Dmitry Petrov, Raphaël Reiter, Alain Viguerie, Romilly Walton

 
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